samedi 26 décembre 2009

Migration



Le blog sous cette présentation s'arrête ici.
Vous le retrouverez dans son intégralité
à cette adresse :
http://feuillesd-automne.blogspot.com/
Merci d'effectuer les changements nécessaires dans vos favoris et vos liens...


vendredi 25 décembre 2009

Imprimatori maledictio

C'est l'époque qui veut ça : il nous fallait un conte de Noël. SPiRitus s'en acquitte avec brio. Que les cieux nous préservent de la malédiction qui le poursuit !
____________________

Quand quelques-uns, bienheureux, sont victimes d’envois anonymes de petites plaquettes, quelques autres connaissent un heur moins enviable, quoique tout aussi mystérieux. Je veux raconter ici l’histoire dont, voilà déjà plusieurs mois, je suis l’involontaire héros.
Tout a commencé avec l’acquisition sur ebay des XIII idylles diaboliques d’Adolphe Retté (Bibliothèque artistique & littéraire – Société anonyme de la Plume, Paris, 1898), excellent ouvrage anarcho-symboliste – encore que le qualificatif de « symboliste » pour désigner le Retté de cette époque ne soit pas, comme on va le voir, des plus idoines – composé de treize colloques entre Maître Phantasm et le démon Grymalkin :

« Le démon Grymalkin, accroupi dans l’angle le plus obscur de la chambre, parmi des avalanches écroulées de livres poussiéreux et de manuscrits fripés, respire, en reniflant bruyamment, l’odeur d’un bouquet de violettes frais cueilli. »
J’aime beaucoup l’Adolphe Retté finiséculaire, celui qui ne s’est pas encore renié en abandonnant son talent au catholicisme, rejoignant la foultitude de symbolistes et anarchistes qui, avec l’âge, ont mal tourné. Bref, ce volume-là est un des meilleurs du bonhomme et je me réjouissais fort à l’idée de l’ajouter à ma bibliothèque, d’autant que j’avais fait là une affaire puisqu’il m’avait coûté moins de 10 €. Certes, le bouquin n’était pas dans un état de fraîcheur idéal ; la couverture en couleur dessinée par Léo Gausson en était un peu passée et fatiguée ; mais il était manipulable et (re)lisible ce qui restait l’essentiel. J’en entrepris donc la lecture, une nouvelle lecture plus sereine et confortable que celle, nécessairement un peu urgente et trop studieuse, à laquelle s’adonne le chercheur en bibliothèque. D’idylles en idylles, me voici à la huitième, sobrement intitulée « Intermède du jeune homme à la grosse tête ». Ce dernier, amené par Grymalkin chez Phantasm, est un mallarmiste :
« Je m’appelle Norbert de Gloussat. Je me suis donné la mission d’établir un suprême code de lois auquel obéiront, s’ils sont Intellectuels, tous ceux qui pratiquent l’art des vers. […] Enfin je découvre aux profanes les splendeurs de Malbardé, le plus grand poète de l’époque, et je flétris ses adversaires pygméimorphes.
Cela vous explique la grosseur de ma Tête, car, comme vous pouvez vous en assurer, je ne suis plus qu’un cerveau. »
Et il entreprend, contre et malgré l’ironie de ses hôtes, la déclamation du « COUP DE DÉS » qu’interrompt vite l’incompréhension chorale. Mais l’hypercéphale ne se démonte pas :
« La grossièreté de votre intelligence vous empêche de vous élever jusqu’à la hauteur de ce divin poème. – Mais, coûte que coûte, vous l’entendrez tout entier. »
Norbert de Gloussat mena-t-il à bien cette récitation ? Je ne m’en souviens plus et mon exemplaire ne m’est, pour y répondre, d’aucune utilité. Car après cette dernière réplique, sise au bas de la p. 128, point ne figure la suite logique, c’est-à-dire la p. 129, mais la p. 177.


J’ai d’abord cru que deux cahiers de 16 pages avaient été intervertis et que j’allais retrouver la 129e page et alii en lieu et place du cahier initié par la 177e. Que nenni. En ces lieu et place, on trouve, eh bien, le cahier initié par la 177e page. Le brocheur aura donc inséré dans mon exemplaire deux cahiers identiques, amputant mon plaisir de lecteur des pages 129 à 144. Inutile de dire que le vendeur, dans son ebayenne description, n’avait guère mentionné ce défaut ; et je ne doute pas que cet oubli fût de bonne foi, tant il est impossible aux libraires (car c’était une libraire) de feuilleter en détails tous les ouvrages qu’ils mettent en vente. Toujours est-il que je ne m’en suis pas plaint et ai conservé le volume dans ma bibliothèque.
Ai-je bien fait ? Rien n’est moins sûr, car, depuis, la malencontreuse histoire se répète, avec des variantes. Ce fut d’abord, quelques mois après ce premier événement, un demi-cahier manquant, et remplacé par aucun doublon, dans le dernier Cahier Mirbeau ; à l’évidence, ce défectueux exemplaire m’était fatalement destiné puisqu’y avaient disparu au brochage, comme un fait exprès, les lignes qui y étaient aimablement consacrées au Bulletin des Amis de Saint-Pol-Roux.


Ce fut ensuite le gros et passionnant tome III de la correspondance du même Mirbeau ; là encore un cahier central, plus épais, de 48 pages, faisait défaut : un autre, postérieur, s’y était substitué. Si, cette fois-ci, deux autres exemplaires, exempts de toute imperfection, me furent adressés, je n’en acquis pas moins la lumineuse certitude que le sort s’acharnait sur moi.
Et d’autres faits sont là, qui le prouvent, très rapprochés dans le temps. On le sait, je me suis rendu, fin octobre, au Salon du Livre de Pau, un peu pour enquêter sur le Mystère de l’Abeille auprès des responsables d’in-8, beaucoup pour passer quelques heures sur le stand des éditions et de la librairie Nicolas Malais, entre livres anciens et publications récentes. Parmi ces dernières, figuraient les deux imposants volumes du Cahier du Clown Lyrique dédié à l’Actualité de Remy de Gourmont (2008) et du Gant Rouge, l’étonnant vaudeville inédit de Rostand, suivi, tête-bêche, des précieuses lettres à sa fiancée, Rosemonde Gérard (2009).


Nicolas m’avait déjà adressé ces deux beaux livres, lus et rangés depuis dans mes rayons. Je pris toutefois, au hasard, un exemplaire du Cahier Gourmont et l’ouvris. Stupeur ! il était imprimé à l’envers. Qu’on se comprenne : ce n’est pas la couverture qui avait été collée à l’envers, mais bien l’ouvrage entier, c’est-à-dire qu’il se lisait à la japonaise, la première page se trouvant à la fin et la dernière au début, et tout le corps du livre dans cet ordre inversé. Etrange anomalie d’imprimeur… C’était, bien sûr, le seul exemplaire de cette sorte. L’ami Nicolas en fut aussi surpris que moi. Cela se passait le samedi. Le lendemain, profitant de la présence du découvreur du Gant Rouge, Nicolas m’offrit un des 62 exemplaires sur papier vergé aigue-marine tintoretto, sur lequel je m’empressai de faire apposer une dédicace. L’erreur étant humaine et, dans ce cas, la joie souveraine, je ne vérifiai pas l’exemplaire. Mal m’en prit, car rentré chez moi, je me mis à le feuilleter. Mon œil, tout à coup, s’intrigua, mais mon doigt avait été plus rapide et les pages continuaient de défiler. Je stoppai net. Et je revins sur mes pas digitaux. Mon œil ne m’avait pas abusé. Là, deux versos de feuilles aigue-marine étaient rouges, et pire le gant rouge de la première garde, le faux-titre, le titre, la première et la quatrième page de la préface, avaient été surimprimés sur cinq pages de la même préface.


Maledictio imprimatori. L’horripilante malédiction de l’imprimeur s’abattait une nouvelle fois sur moi. De vieux grimoires prétendent que le mauvais sort s’acharne sur un individu, presque exclusivement, pour éviter aux autres des déconvenues ; celui-là fait office de paratonnerre. Depuis, il n’est pas un livre reçu que je n’ouvre sans trembler, terrifié à l’idée d’essuyer de nouvelles foudres imprimatoriales. J’ai donné mes Mirbeau fautifs. J’ai conservé le Rostand. Sans doute devrais-je me débarrasser de celui qui fut à l’origine de mon malheur, je veux dire ces XIII idylles diaboliques. Qui sait ? lorsque j’en aurai trouvé un autre exemplaire, je l’enverrai peut-être à quelque Otto pour que la malédiction, enfin, change de victime…

[Nota : il va sans dire que ces anomalies sont exceptionnelles et rarissimes ; elles sont, dans la botte de foin, l’aiguille à laquelle je me suis piqué bien plus souvent qu’à mon tour. A ce jour, ni les éditeurs, différents, du Cahier Mirbeau et de la Correspondance, ni les éditions Nicolas Malais n’ont enregistré d’autres mésaventures ou retours que les miens. On peut donc, on le doit même, commander sans hésitation leurs ouvrages qui sont toujours de très-belle facture. A l’exception près, que mon rôle tragique de paratonnerre me réserve.]

SPiRitus

jeudi 24 décembre 2009

Bibliographie : Minilivres - n° 7


Jacques-Élisée Veuillet


La Lettre close





Angers - Éditions Deleatur, 1995
Plaquette 7,5 X 10,5 cm, 16 pages, dos agrafé, couverture à rabats, pas de mention de tirage
Achevé d'imprimer en octobre 1995 sur les presses de Deleatur pour le compte de quelques amateurs.

Bibliographie : Minilivres - n° 6


Jean de La Bruyère

"Le ministre
ou le plénipotentiaire
est un caméléon"
EXTRAIT DES
Caractères
DU SOUVERAIN
OU DE LA REPUBLIQUE

Angers - Éditions Deleatur, 1995
Plaquette 7,5 X 10,5 cm, 16 pages, dos agrafé, couverture à rabats, pas de mention de tirage
Achevé d'imprimer en avril 1995 sur les presses de Deleatur pour le compte de quelques électeurs avertis.

mercredi 23 décembre 2009

De saison



mardi 22 décembre 2009

Bibliographie : Minilivres - n° 5


Olivier Laurendeau

L'explorateur
au pays
des dinosaures




Angers - Éditions Deleatur, 1995
Plaquette 7,5 X 10,5 cm, 16 pages, dos agrafé, couverture à rabats, pas de mention de tirage
Achevé d'imprimer en mars 1995 sur les presses de Deleatur pour le compte des explorateurs en culottes courtes.

Bibliographie : Minilivres - n° 4


Pierre Laurendeau

La Voie
de la montagne




Angers - Éditions Deleatur, 1995
Plaquette 7,5 X 10,5 cm, 16 pages, dos agrafé, couverture à rabats, pas de mention de tirage
Achevé d'imprimer en octobre 1995 sur les presses de Deleatur pour le compte de rares initiés.

lundi 21 décembre 2009

Des diffuseurs… ou des forçats du livre.

Le chiffre d’affaires des librairies est un fichu baromètre pour la société.
Denis Guedj, Le Théorème du perroquet

Pour faire suite à un billet d’humeur sur la distribution du livre dans ce mêmes colonnes accueillantes, j’avais menacé d’évoquer la diffusion. Vous étiez prévenus…
La diffusion consiste, pour faire court, à faire en sorte que les détaillants sachent qu’un livre existe. Ça a l’air simple, hein ?
Selon le site worldometers, « statistiques mondiales en temps réel », plus d’un million de livres sont parus durant l’année 2009 dans le monde. Même si je restreins cette chronique à notre petit territoire étriqué, ce sont environ soixante dix mille titres qui auront déboulés sur les tables de nos librairies en un an, représentant environ cinq cents millions d’exemplaires, tous genres confondus évidemment : du manuel scolaire à l’opuscule confidentiel d’aphorismes de comptoir.


La librairie « La Cerise sur le bec » Paris XXe 
(Cliché André Mazaingue)

De l’autre côté de cet Everest de pages, des points de vente. Combien sont-ils ? Difficile à établir car c’est une question de définition. Hervé Gaymard, rapporteur UMP de la commission des affaires culturelles, estimait le 1er décembre dernier à l’Assemblée nationale qu’il y avait en France « plus de librairies que sur l’ensemble du territoire des États-Unis ». Dont acte, admettons que son cabinet ait fait le boulot. Reste à savoir ce qu’il entend par « librairie » car, entre les quatre cent cinquante officines dites « de premier niveau » que visite un diffuseur comme Pollen — celui de votre serviteur en l’occurrence — et les neuf mille comptes que brandit le géant Hachette, il y a des… hum… « disparités », disons-le comme ça pour faire propre.
Qu’y a-t-il de commun entre le tabac de Ruffec qui a un sabot avec cinq exemplaires du dernier SAS et la librairie du fabuleux Max à Vaux, « Les Temps modernes » à Orléans, la fenêtre numérique de « Feuilles d’automne », la FNAC Forum, le rayon du Super U (*) ? Rien ! Que dalle, sinon que tous vendent des livres, ces prototypes uniques proposés à la vente par des personnalités à chaque fois particulières.
Entre cette masse imprimée et cette collection d’idiosyncrasies : le diffuseur. Et même, plus précis que cela : le (la) représentant(e). Il y a des infrastructures bien sûr, des directeurs et autres cadres mais, pour le libraire, chaque diffuseur est associé à un seul visage, celui qui franchit régulièrement la porte de son bouclard…
Sur les routes de son secteur, encombré(e) de sa mallette lourde comme un âne mort, il (elle) a quelques secondes montre en main pour parler à un « acheteur » d’un ouvrage de quatre cents pages qui fera autorité en matière de culture des pois dans les Andes, ou d’un roman où il est question d’un amour impossible entre deux êtres que tout oppose. Soit un bouquin plus que pointu et un résumé de la moitié de la littérature mondiale. Et tout cela se déroule sur le coin d’une caisse, sans cesse « dérangé » par des clients qui veulent la prescription du prof pour leur progéniture, la fiction du moment, un conseil pour la tante Agathe… À peine terminée l’entrevue, il faut repartir, recommencer, être convaincant avec un autre de ces libraires qui, chacun, est plus que chatouilleux à propos de sa particularité. Demain, une autre ville, un autre hôtel et d’autres interlocuteurs. J’ai vécu trois ans cette vie-là.
Cette avalanche d’images pour faire appréhender le trac qui étreint ce vendeur atypique au début de sa tournée : choisir des vedettes parmi ses « nouveautés » car sinon il ne vendra rien, répéter son « texte » qu’il lui faudra adapter à chaque fois, faire croire à cette impossibilité qu’il a lu tous « ses » livres, trouver « la » formule qui fera mouche…. Oh, évidemment, là aussi il y a de tout, depuis le moine-soldat jusqu’au cancre qui se vante de vendre des livres en ne lisant que « L’Équipe ». J’ai des noms.
Mais tout cela, c’est du passé… La précarité de plus en plus prégnante à l’ère numérique et, s’il existe un maillon de la fameuse chaîne du Livre qui a des cheveux à se faire, c’est bien le diffuseur et son bras armé : le représentant. Une enquête récente relayée par le MOTif montrait que près de la moitié des libraires, et plus encore en région parisienne très sollicitée, jugeait par trop intempestives les visites de ces tirailleurs du Livre… Lorsque j’étais libraire dans le Finistère, il y a quinze ans, je me souviens que pour que les représentants viennent « au bout de la terre » nous informer, nous promettions le gîte et le couvert : langoustines et édredon à l’œil pour avoir le sel indispensable de l’information. Aujourd’hui, il suffirait d’un clic pour avoir tout à sa porte. Mais est-ce bien vrai ?


Librairie, huile sur toile de Pierre-Luc Bartoli

L’informatique dont sont équipés tous les libraires délivre une information immédiate certes mais formatée, standardisée, bien mâchée. Et surtout, ceux qui ont les moyens de fournir ces renseignements en temps « réel » sont aussi ceux qui en auraient le moins besoin : les gros et les puissants. Résultat : de plus en plus de points de vente du livre — et aussi de librairies au sens noble — se contentent d’avoir des comptes actifs chez les cinq grands de la diffusion : Hachette, Éditis, UD Flammarion, Volumen et Sodis, lesquels regroupent entre 70 et 80% de la production, selon les domaines. Finalement, la plupart des détaillants, aussi prestigieux soient-ils (ou se croient-ils), supposent qu’ils n’ont plus besoin d’un rapport direct avec la diffusion.
Hélas, rien n’est plus faux… Malgré l’utopie numérique, le pourcentage de production n’a rien à voir avec celui de la création et, pour chercher une information, encore faut-il savoir qu’elle existe ! De plus en plus de libraires dignes de ce nom s’en remettent à leur machine normative, qui finit par passer du statut d’outil à celui de décideur : « Combien on a vendu du dernier Untel ? Trois… Bon, mettez m’en un, je réassortirais. » Ce qu’il ne fait jamais puisqu’il y a toujours un nouveau livre pour lequel il faut de la place.
La conséquence est évidente : nos librairies ressemblent de plus en plus à des fast-foods. Mêmes livres partout, ayant partout la même durée de vie.
Bien sûr, il y a des résistants, mais de moins en moins.
Je le vois chaque mois par les résultats que me transmet mon diffuseur.

Nicolas Grondin
____________________

(*) - Même en « grandes surfaces », les disparités sont lourdes : l’Espace culturel Leclerc d’Ibos (65) est l’une des meilleure librairies du Sud-ouest.
____________________

Nicolas Grondin dirige les Éditions de l'Arganier, ce billet est initialement paru sur  sa page personnelle, sur Facebook. Il en a chaleureusement accepté la publication ici. On l'en remercie.

dimanche 20 décembre 2009

??????????




?

?
??

?





Chers tous, ce n'est pas pour vous faire lanterner, je vous le promets. Ce sont juste les circonstances qui m'amènent à cela : ma chère facteuse m'a apporté, ce samedi midi, un nouvel envoi Mystérieux !  Et je ne vous en dirai guère plus. Je ne cherche pas à vous faire baver, mais je n'ai pas vraiment le temps d'en dire plus, je pars en vacances avec ma progéniture, retour le 28. Et, promis, je vous dirai tout à ce moment-là.
Mais il y a des choses à dire de cet envoi, bien sûr, entre Larzac et culottes.
J'y reviens dès mon retour, promis-juré.
D'ici là, joyeux Noël à tous...

Otto Naumme


?



?
??

?

????
?
   ?

?


samedi 19 décembre 2009

Bibliographie : Minilivres - n° 3


Anecdotes
pour servir à l’Histoire secrete
des 
Ebugors

 Extrait


à Medoso, L'an de l'Ere des Ebugors, MMMCCCXXXIII
Plaquette 7,5 X 10,5 cm, 16 pages, dos agrafé, couverture à rabats, pas de mention de tirage
Achevé d'imprimer en mars 1995 sur les presses de Deleatur pour le compte de quelques curieux.

Bibliographie : Minilivres - n° 2


Jean de La Fontaine

Fables choisies





Angers - Éditions Deleatur, 1995
Plaquette 7,5 X 10,5 cm, 16 pages, dos agrafé, couverture à rabats, pas de mention de tirage
Achevé d'imprimer en mars 1995 sur les presses de Deleatur pour le compte de quelques enfants sages.

vendredi 18 décembre 2009

Unguibus et rostro

Julien Mannoni de la librairie Des Livres Autour m’a fait, à la suite du dernier billet sur ma sœur, la réflexion suivante :
« […] Le degré d’engagement se mesurerait-il au nombre de livres qu’on laisse chez ses amoureux(-ses) ? Je crains fort – d’après ma modeste expérience en ce domaine – que oui…
Je répondis la chose suivante :
Il y a, ensuite, le degré d’intrication de chaque bibliothèque. Faites-vous rayons à part ? Il faut alors se poser des questions… »
En définitive tout cela mérite tout de même plus qu’une simple réflexion. Mélange-t-on sa bibliothèque parce que l’on aime ou alors parce que l’on a trouvé son double idéal ? Est-ce alors une affaire narcissique ou un contrat passé sur notre future tranquillité ? La plupart des lecteurs de ce présent blog ont forcément un  rapport étrange avec leur bibliothèque. Or, doit-on partager ses névroses avec sa moitié ? Être heureux consiste-t-il a regarder dans la même direction ces dos de livres aux murs, ou alors chacun son mur, ou enfin a investir subrepticement les rayonnages de la partie adverse comme dans une partie d’échecs : marée de pions sous la forme de livres de poche, et puis crescendo : Gambit, Zeitnot et autres petites subtilités, stratégies aux nerfs d'acier, Spassky de l'in-octavo sournois, pour finir par un Mat assassin, les valoches devant la porte et celle-ci qui claque derrière votre dos ?
En face, c'était Bobby Fischer.
J'ai connu un écrivain qui avait perdu sa bibliothèque plusieurs fois, par des incendies - ce qui est un coup du sort - et par un divorce - ce qui est une maladresse. Cela en vaut-il la peine ? Ne vaut-il pas mieux non pas garder sa chambre – de cela on peut s’arranger vaguement – mais sa bibliothèque au loin, ailleurs qu’à l’endroit où l’on mène les turpitudes de la vie commune ? D’un divorce on se refait peu ou prou. Mais le lecteur augurera avec moi que la perte d’une bibliothèque est d’un autre calibre. A ce titre, l’écrivain auquel je pensais plus haut devait être un homme solide. Et puis, le jour où il faut trier le à-toi du à-moi et se garder de ses envies sur quelques ouvrages détenus officiellement par l’autre… et faire attention que l’on ne vous pique pas un ou deux volumes ou pire des pires des ordureries jamais perpétrées par un humain à autrui, un tome qui va rendre votre série incomplète, peut-être définitivement ?
Tout cela d’une façon feutrée.
Et pourtant, dans les feux d’un prime amour on se sent irrésolu, on cède à des impératifs déraisonnables, on partage, on prête, on va même – abjecte soumission – jusqu’à conseiller des lectures sur sa bibliothèque personnelle, comme si l’on émettait des billets à ordre sur son esprit et sur son avenir ! On s’adonne à de répugnantes perspectives comme celle qui exigerait une félicité dans la contemplation de l’esclavage de sa bibliothèque sous la férule d’une tierce personne. Oui, j’ai bien compté, cet engagement vous l’avez donné pour vous et en lieu et place de vos livres. Vous entérinez un ménage à trois, la bibliothèque en face pesant  peu, pour ainsi dire pas du tout puisque seule la vôtre vaut la peine d’être vécue.
On en vient à se dire que le bibliophile ou le bibliomane, pour survivre doit être un cœur impavide et sec et qu’il ne doit pas monnayer pour quelques secondes de pitoyable extase ce qui fait le fonds de son existence.
Ma réponse à Julien Mannoni partait donc sur une mauvaise piste.
Nous avons raison, il ne faut peut être pas céder. Se défendre bec et ongles.
Sinon, vous savez, je peux vous aider. Je suis en mesure de racheter vos bibliothèques.

jeudi 17 décembre 2009

Bibliographie : Minilivres - n° 1


Jean de La Fontaine

La Chose impossible
suivi de
l’Amour mouillé



Angers - Éditions Deleatur, 1995
Plaquette 7,5 X 10,5 cm, 16 pages, dos agrafé, couverture à rabats, pas de mention de tirage
Achevé d'imprimer en mars 1995 sur les presses de Deleatur pour le compte de quelques curieux.

Illustration : « Diablerie » années 1830

mercredi 16 décembre 2009

Connaissez-vous Saint-Pol-Roux ?

Eh bien, si vous ne connaissez pas, vous aurez l'occasion d'une séance de rattrapage sur le blog de notre ami SPiRitus, lequel s'agite comme un beau diable pour animer la société des amis autour de ce poète. Lettres d'information, bulletins, sites et on espère d'autres publications encore à l'avenir sont le complément d'une activité comme celle-ci. On a même un peu peur d'un épuisement prématuré de son animateur. La  première lettre d'information de cette jeune société circule déjà sur le net.
On espère retrouver certains d'entre vous - le Tenancier a adhéré - chez les Amis de Saint-Pol-Roux... Pour ce faire, rendez vous sur Les Féeries Intérieures.


mardi 15 décembre 2009

Bibliographie : Omajajari - épilogue

Il fallait satisfaire notre curiosité après avoir été jusqu'au bout de la présentation de ces ouvrages. On a posé trois questions au éditeurs d'Omajajari. Pour notre plus grand plaisir, ils furent diserts.


Pourquoi Omajajari ?
Assomption 2007, au détour d'une conversation innocente (divisez le nombre de jours qui précèdent le 15 août par le nombre de ceux qui suivent et vous obtenez le nombre d'or) : nous nous rendîmes compte que, pour le centenaire de la mort d'Alfred Jarry, quelques rééditions sans grand intérêt, de l'anecdotique muséifié, les illuminations ubuesques du palindrome d'hiver et une pincée de revues lui consacrant un numéro ne faisaient pas un anniversaire à la hauteur du personnage (un demi-étage). Aussitôt, l'idée fut l'objet de plus haute vertu : Omajajari. C'est-à-dire un ensemble réunissant commentaires à l'oeuvre jarryque et textes de création inspirés par celle-ci. Le 19 août, ce message fut envoyé à une trentaine de personnes que nous pensions susceptibles de :

Bonsoir,

Petite proposition : nous aimerions publier, pour la Toussaint, un ensemble de plaquettes en hommage à Alfred Jarry (le centenaire de sa mort)
- il y aurait un auteur par plaquette, pour chacune d'elle un texte court (jusqu'à 20 000 caractères environ ou entre 4 et 12 pages format A6)
Si l'idée vous tente, nous serions très heureux de recevoir un texte de vous, pour fin septembre, ce serait bien.
Seriez-vous partant ?

amicalement,

Céline Brun-Picard & Grégory Haleux

Pourquoi en avoir fait une série de plaquettes plutôt qu'une anthologie ?
L'idée d'une simple anthologie ne nous a, à l'origine, pas effleurés. Ceci dit, nous pensons aujourd'hui à réimprimer cet ensemble sous la forme d'un seul recueil car, décidément, la fabrication des plaquettes prend du temps... Mais si nous y pensons, c'est toujours omajajariquement, c'est-à-dire sans ce que le mot « anthologie » colporte de générique : la variété des textes et des auteurs d'Omajajari est au-delà de l'anthologie, n'est-ce pas ? C'est d'abord cette diversité voulue qui nous a décidé à en faire plusieurs plaquettes. Comme les 27 livres pairs du Dr Faustroll sont une sorte d'autoportrait de Jarry, Omajajari devait être une quintessence de la réception – « polyèdre d'idées » – de son oeuvre.
Nous espérions que, sur la trentaine d'élus, une huitaine accepterait l'invitation, quitte à nous démultiplier en tant qu'auteurs pour combler le manque. Mais nous reçûmes tant de réponses positives, d'autant que l'appel circula parmi les spécialistes – au passage, décochons cette flèche : la plupart de ces spécialistes sont apparemment plus enthousiastes à écrire qu'à lire sur le même sujet –, que nous dûmes en refuser et concevoir un objet deux fois plus gros que ce que nous imaginions.
Saluons d'ailleurs les protagonistes d'avoir adhéré à un projet si précipité jusqu'à, cerise sur le gâteau,  accepter de réaliser une illustration de couverture, comme nous le leur demandions quinze jours avant la date d'impression prévue. Ce mode d'illustration s'est imposé parce qu'il nous semblait intéressant que la distinction visuelle entre les livrets aille de paire avec la variété des genres et des styles. Nous ne nous attendions pas à ce que cette nouvelle proposition soit prise avec tant d'enthousiasme ni à ce qu'elle suscite tant de créativité graphique.

Y aura-t-il une suite à cette série ?
Non, ni de série à cette suite. Omajajari fut conçu de manière événementielle et dans l'improvisation. Si un projet similaire devait naître, par rapport à Jarry ou à un autre, cela se ferait aussi spontanément et nous n'avons pas à le prévoir. N'oublions pas non plus que si Omajajari est constitué de différents livrets, il forme un ensemble clos, ses différentes parties n'étant d'ailleurs pas vendues séparément.
N'y aurait-il pas à ce propos, cher Yves, derrière le terme – « collection » – que tu emploies pour désigner Omajajari, une déformation professionnelle ? Car si l'ensemble peut être vu, au sens matériel, comme une collection, il ne l'est pas au sens éditorial. Omajajari est le nom d'un geste qui est aussi le titre d'une somme de textes. Nous sommes d'ailleurs radicaux sur ce point : pas de collections chez nous, tout à la même enseigne – Cynthia 3000, nom assez éloquent pour se passer de sous-catégories, n'est-ce pas ?